Depuis le 1er avril 2025, une réforme majeure modifie le calcul des indemnités journalières de Sécurité sociale (IJSS) en cas d’arrêt maladie. Ce changement, par décret, abaisse le plafond pris en compte pour le calcul des IJSS de 1,8 à 1,4 fois le SMIC mensuel. Cette mesure a des conséquences directes et importantes pour les entreprises, leurs salariés, et les régimes de prévoyance.
Les IJSS sont des prestations versées par l’Assurance maladie aux salariés en arrêt de travail, pour compenser partiellement leur perte de revenus liée à une maladie, un accident du travail, ou un congé maternité.
Avant la réforme, le montant des IJSS était calculé sur la base d’un plafond égal à 1,8 fois le SMIC mensuel, soit environ 3 243 € brut en 2025. Pour les salariés gagnant plus que ce montant, le calcul se faisait donc sur ce plafond.
Depuis le 1er avril 2025, ce plafond est abaissé à 1,4 fois le SMIC (environ 2 523 € brut). En conséquence, les salariés dont le salaire dépasse ce nouveau plafond verront leur indemnisation journalière réduite.
Non impactés : les salariés rémunérés en dessous de 1,4 SMIC brut mensuel (environ 2 523 €) ne subissent aucune modification. Leur indemnité journalière reste calculée sur leur salaire réel.
Impactés en premier lieu : les salariés dont la rémunération est comprise entre 1,4 et 1,8 SMIC (entre environ 2 523 € et 3 243 €) sont les plus concernés. Avant la réforme, leur indemnité était calculée sur leur salaire réel, mais désormais elle est plafonnée à 1,4 SMIC. Cela signifie une perte d’indemnisation directe, sans compensation suffisante par le différentiel salarial.
Salariés au-dessus de 1,8 SMIC : l’impact est progressif. Une partie de leur salaire n’était déjà pas prise en compte pour le calcul des IJSS, mais la baisse du plafond accentue leur perte potentielle, notamment en cas d’arrêts longs.
Un salarié touchant 2 700 € brut par mois bénéficiait jusqu’ici d’une indemnisation calculée sur la totalité de son salaire (puisque ce salaire est inférieur au plafond à 1,8 SMIC). Depuis le 1er avril 2025, son indemnisation journalière est plafonnée sur 1,4 SMIC, ce qui provoque une baisse d’environ 8 % de ses IJSS.
Un salarié rémunéré 2 000 € brut, lui, ne subit aucun changement.
Selon le Code du travail (article L1226-1), les employeurs ont l’obligation de maintenir au moins 90 % du salaire d’un salarié en arrêt maladie, pendant 30 jours minimum, dès lors que ce dernier justifie d’au moins un an d’ancienneté.
Avec la baisse des IJSS, la part que l’employeur doit compléter augmente : il doit compenser la perte d’indemnisation liée au nouveau plafond.
Les entreprises qui proposent des contrats de prévoyance collective couvrant les risques d’incapacité de travail verront également leurs assureurs devoir verser davantage pour compenser la réduction des IJSS.
Cette situation peut entraîner une hausse des cotisations lors du renouvellement des contrats, qu’il convient d’anticiper en négociant avec les partenaires sociaux et assureurs.
Plusieurs facteurs expliquent cette évolution réglementaire :
L’augmentation continue de l’absentéisme dans les entreprises, notamment chez les jeunes salariés.
Le vieillissement de la population active, allongeant la durée des carrières et la fréquence des arrêts maladie.
La volonté de la Sécurité sociale de maîtriser ses dépenses, en réduisant la part des indemnités versées, et en transférant une partie du coût vers les entreprises et les régimes complémentaires.
Pour atténuer la baisse des indemnités journalières perçues par les salariés, les entreprises peuvent :
Adapter ou souscrire des contrats de prévoyance complémentaire, pour compenser les pertes liées au nouveau plafond.
Réduire les franchises d’indemnisation afin de rendre les garanties plus rapidement mobilisables.
Augmenter le taux de prise en charge du salaire dans les contrats de prévoyance, notamment pour les salariés rémunérés entre 1,4 et 1,8 SMIC.
Réévaluer régulièrement les garanties avec l’aide de courtiers ou assureurs, en fonction des évolutions réglementaires et des profils des salariés.
La baisse du plafond de calcul des IJSS en 2025 représente un changement significatif pour les entreprises et leurs salariés, en particulier ceux à revenus intermédiaires. Cette réforme entraîne un renforcement des obligations de maintien de salaire pour les employeurs et une probable hausse des cotisations de prévoyance.
Pour sécuriser votre gestion sociale et financière, il est essentiel d’anticiper ces évolutions avec un partenaire expert et réactif.
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