Quand un salarié licencié pour motif économique adhère au Contrat de Sécurisation Professionnelle (CSP), l'employeur doit verser à France Travail une contribution représentative du préavis. La Cour de cassation vient de confirmer que cette contribution est forfaitaire et ne peut être réduite, même si le salarié retrouve un emploi avant la fin de la période de référence.
Rappel : qu'est-ce que le CSP ?
Le Contrat de Sécurisation Professionnelle (CSP) est un dispositif d'accompagnement proposé aux salariés licenciés pour motif économique dans les entreprises de moins de 1 000 salariés, ainsi qu'aux entreprises en redressement ou liquidation judiciaire quelle que soit leur taille.
Lorsqu'un salarié adhère au CSP, son contrat de travail est rompu immédiatement — sans préavis exécuté. En contrepartie, l'employeur verse à France Travail une contribution spécifique représentative du préavis, qui participe au financement du dispositif d'accompagnement.
✅ Rappel calendrier : le dispositif CSP est prorogé jusqu'au 31 décembre 2026, y compris à Mayotte (convention spécifique Mayotte — avenant n° 7, agréé le 24 décembre 2025).
Les règles de calcul de la contribution
Pour les salariés ayant moins d'un an d'ancienneté
Pas de contribution spécifique à verser à France Travail. Si le salarié aurait eu droit à une indemnité de préavis, il en perçoit le montant directement à la rupture du contrat.
Pour les salariés ayant au moins un an d'ancienneté
L'employeur verse à France Travail une somme correspondant à l'indemnité de préavis que le salarié aurait perçue s'il n'avait pas adhéré au CSP, avec deux limites :
Si le salarié aurait eu droit à plus de 3 mois de préavis (par convention collective par exemple), l'employeur lui verse directement la part supérieure à 3 mois, dès la rupture du contrat.
L'affaire jugée le 18 mars 2026
Dans l'affaire soumise à la Cour de cassation (n° 24-21643), une salariée avait adhéré au CSP après la rupture de son contrat le 4 mars 2019. Son préavis de référence était de 2 mois. Elle avait retrouvé un emploi dès le 3 avril 2019, soit un mois après la rupture — avant la fin du préavis fictif de 2 mois servant de base au calcul.
L'employeur avait donc versé à France Travail une contribution partielle, correspondant au seul mois de CSP effectivement vécu par la salariée, estimant que la contribution devait être proportionnelle au coût réel supporté par France Travail. Il faisait valoir notamment un argument d'enrichissement sans cause de l'organisme.
???? Décision de la Cour : refus total. La Cour de cassation confirme que la contribution est due indépendamment de la situation du salarié après la rupture du contrat de travail. Le fait que le salarié retrouve un emploi avant le terme du préavis fictif ne réduit pas l'obligation patronale.
Pourquoi la contribution est-elle forfaitaire ?
La logique juridique est claire : au moment de l'adhésion au CSP, le contrat de travail est rompu. La contribution versée à France Travail n'est pas un remboursement au coût réel du dispositif — c'est une indemnité forfaitaire calculée sur le préavis théorique auquel le salarié aurait eu droit. Elle participe au financement global du CSP, indépendamment de ce que coûte effectivement le suivi individuel du salarié.
En d'autres termes : peu importe que le salarié retrouve un emploi le lendemain de son adhésion au CSP ou qu'il reste indemnisé pendant toute la durée du dispositif — la contribution de l'employeur reste la même.
Ce que cela signifie pour vos pratiques
Cette décision appelle plusieurs points de vigilance pour les employeurs qui envisagent des licenciements économiques :
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